COPYRIGHT:  Décembre 2007 - Jacques Simon TIMOTEI
Bibliographie Livre d'or ***
 

 

 

 COUTUMES ET CROYANCES CORSES

LE BAPTEME

U BATESIMU

 

  Vous pouvez écouter sur cette page un extrait de la chanson "Nanna paisana" interprétée par Antoine CIOSI

 

Premier sacrement de l'initiation chrétienne, le baptême (u battesimu) est moment essentiel et un évènement important de la vie. En corse, le baptême est non seulement un acte religieux mais il a également  une fonction sociale bien précise. Jadis, la mortalité infantile était très élevée, et l'on redoutait que l'enfant ne meurt avant d'avoir été baptisé par le curé du village. C'est pourquoi on n'attendait pas que la mère de l'enfant soit remise de ses couches pour le baptiser. Dans le mois qui suivait la naissance, on se dépêchait donc de lui donner le sacrement du baptême car si l'enfant venait à mourir, son esprit païen deviendrait un feu follet hantant les cimetières certaines nuits de pleine lune.

Un enfant qui était baptisé dans les vingt-quatre heures suivant sa naissance permettait à l'âme d'un de ses parents défunts de sortir du purgatoire.

Au cours de la préparation donnant lieu à la cérémonie du baptême, on choisissait le parrain (u cumpare) et la marraine ( a cummare) en évitant de les prendre parmi les membres de la famille. Pour un Corse, cela n'avait aucun sens car la famille était particulièrement solidaire et il était plus utile de choisir le parrain et la marraine en dehors de la parenté ; ainsi on élargissait le cercle de ses relations tout en établissant des liens solides de sang pour être plus forts face à l'adversité.

Une jeune fille n'acceptait pas d'être la marraine d'une fille si elle ne l'était pas déjà d'un garçon, car en se mariant elle risquait de n'avoir que des filles. De même, on ne choisissait jamais une femme enceinte pour marraine car cela risquait de porte malheur à l'enfant.

Autrefois, les femmes accouchaient dans leur village et la cérémonie du baptême avait lieu tout de suite après et généralement à la tombée du jour. La mère de l'enfant était par la force des choses exclue de la cérémonie et c'était l'accoucheuse (a mammana) ou à défaut une grand-mère, qui portait dans ses bras jusqu'au fonts baptismaux, le bébé entouré de cumpare e cumare.

 

Dans l'église, toute l'assemblée est extrêmement attentive ; il en va de l'avenir de l'enfant dont le sang est encore impure. Arrivée deavant le baptistère, la mammana remet l'enfant dans les bras du parrain ou de la marraine, selon le sexe du nouveau-né tandis que la famille et les amis rassemblés dans l'église se tiennent à l'écart.

L'enfant ne doit pas dormir durant le sacrement car il raterait son entrée dans le monde de la chrétienté; par ailleurs, si le parrain ou la marraine se trompent en récitant le Credo l'enfant sera poursuivi par le malheur et il deviendra plus tard un mazzeru (sorcier) ou una stegha (sorcière). Doué d'une seconde vue, il apercevra les revenants la nuit ; ou encore, il se dédoublera certaines nuits pour aller annoncer aux hommes leur fin prochaine.

Huit jours après la célébration du baptême, la marraine prépare un grand repas (a paniera). Elle le fait traditionnellement porter à so filleul et le père de l'enfant invite le parrain, un frère ou un parent de la marraine et ses propres parents et amis à partager ce repas.

Plus tard, dès qu'elle en a la possibilité, la mère, portant son enfant baptisé dans ses bras, va faire le tour du village. La croyance populaire veut que le bébé qui pénètre dans une maison apporte à ses habitants le bonheur  ; en retour, il reçoit de la patronne de la maison visitée, un oeuf, une pincée de sel et une allumette, respectivement symboles d'intelligence, de sagesse et de droiture.

 

 

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Dernière mise à jour pour cette page : 19 juillet 2021