Bibliographie Livre d'or ***
 

 

 

D'AUTRES BANDITS CORSES

Vous pouvez écouter sur cette page un extrait de la chanson "Les bandits d'honneur" interprétée par Antoine CIOSI

 

Combien sont-ils dans la montagne, dans le maquis, à s'opposer avec un farouche entêtement, aux autorités ? Combattent-ils une cause politique ou défendent-ils leur propre cause ?; sont-ils bandits d'honneur ou bien voleurs de grands chemins ?.

 

Il est assurément bien difficile de juger objectivement ces hommes qui pour diverses raisons se sont mis un jour au ban de la société. Certains, nourris de l'exemple d'un de leur proche, ont dès l'enfance décidé d'embrasser la "profession": "Quand je serai grand, je serai bandit." Au berceau déjà, on leur chantait cette berceuse :

"Quand plus tard tu auras grandi,

Tu sauras bien porter les armes,

Et ni voltigeurs ni gendarmes

Ne pourront te causer d'alarmes.

Alors, si le coeur t'en dis,

Tu seras un fameux bandit".

 

Le bandit corse n'est redoutable que pour ses ennemis personnels ; et d'ordinaire, avant de les frapper, il les fait prévenir d'avoir à se tenir sur leurs gardes. Il leur donne le plus souvent cet avertissement il par ces paroles : "Si le soleil te découvre, mon plomb t'atteindra !"
D'avance il fixe le nombre de ses victimes; puis sa tâche remplie, il va chercher à l'étranger un repos qu'il ne peut trouver dans sa patrie. On en a vu qui, sur la terre d'exil, ont embrassé avec une ardeur remarquable la cause des opprimés.

 

La cruauté de certains bandits n'a pas de limites :

Le 13 octobre 1911, pour une haine de famille qui depuis 23 ans, a déjà causé 21 assassinats dans le canton de Vescovato, Dominique Sanguinetti, Timothée et Pascal Peretti se mettent à quatre avec Augustin Paterni pour surprendre et abattre à coups de fusil le sieur Pétrignani, qui se rendait à Bastia précisément pour préparer ses papiers on vue de fuir l'île et leurs poursuites.

En mai 1912, la jeune Marie Castelli est fusillée dans les rues de Carcheto par le bandit François Marie Castelli parce qu'elle ravitaillait une maison dont il faisait le siège. La malheureuses agonisa 18 heures sur le seuil sans que nul osât la secourir. Quand les gendarmes arrivèrent, ils ne trouvèrent personne pour fabriquer le cercueil, et durent hâtivement enfouir le triste cadavre enveloppé dans un drap.

Le même mois, le bandit Dominique surprend, auprès d'une fontaine de la montagne de Loreto, le très jeune berger Masseï qu'il a voué à la mort. 17 bergers et bûcherons armés de pistolets et de haches sont aux côtés du jeune homme mais sur l'ordre du bandit ils s'écartent et le laissent seul avec l'enfant que le misérable force à s'agenouiller avant de le fusiller à bout portant.

Le 21 août 1912, à Lumio, Sauveur Suzzoni, jeune berger de 19 ans, se jette sur M. Jean Cardoni âgé de 60 ans et le perce de 17 coups de couteau parce que le vieillard s'était plaint de voir sa propriété dévastée par ses chèvres.

Le 17 septembre 1912, à Venzolasca, pendant que le maréchal ferrant Joseph Borgetti ferre un cheval, Jean-Thomas Paoli le tue d'un coup de fusil tiré de derrière le mur faisant face à l'atelier. Deux mois auparavant, au même endroit, un certain Finaltieri avait été assassiné dans des conditions semblables... Rivalité de bandits.

On pourrait multiplier ainsi les exemples sanguinaires qui furent commis de sang froid. Pour résumer cette vague de violence, notons que pour ce seul mois de mai 1912, 16 assassinats ont été commis en Corse !

 


 

 SERAFINO.

Dans la province de Vico, une jeune fille avait été séduite ; le coupable, pour se soustraire aux engagements qu'il avait contractés, voulut contester la paternité qui lui était attribuée. A cet effet, il s'adressa à un bandit du nom de Serafino, qui, à celte époque, jetait l'épouvante dans la contrée ; il pria cet homme de le tirer d'embarras en se déclarant l'auteur de la grossesse de Fiordispina.
Repoussant avec indignation une pareille ouverture, Serafino dit au séducteur ; "Tu es mon parent ; si tu as une offense à venger, je m'associe à ta vengeance ; mais jamais je ne consentirai à me faire l'instrument d'une noire calomnie, et je t'aurais déjà puni de m'en avoir fait la proposition, si des liens de parenté ne m'attachaient à toi. Va, ajouta-t-il, et puisses-tu échapper au châtiment que tu as mérité ; désormais, je ne te protège plus contre tes ennemis, et souviens-toi qu'en Corse, ce n'est jamais impunément qu'on déshonore une femme".

Quelques jours après, Fiordispina tuait son séducteur. Il y eut cela d'étrange à celte occasion, que les premiers regrets donnés à la victime diminuèrent singulièrement lorsque l'on vint à connaître la conduite du bandit, sur lequel se portèrent dès lors toutes les sympathies.

 

Jugé cependant indésirable dans l'île, le bandit Serafino  bénéficiera de la part du ministre de la Justice d'un passeport pour l'Amérique mais il refusera de partir en affirmant: "Je préfère mourir jeune dans mon pays que vieux en Amérique." Il continuera ses "exploits" dans la région de la Balagne en compagnie de deux autres bandits : Massoni Jean Xavier et Arrighi. 

Le second Empire décida enfin de prendre le banditisme à bras-le-corps et dès la fin de 1852 la campagne commença par la capture des trois « vengeurs » Serafino, Massoni et Arrighi, qui furent abattus dans leur caverne du Niolo après avoir fusillé eux-mêmes cinq gendarmes.

 

 


 

 MASSONI Pierre-Jean.

 

En 1848, en Balagne, Massoni, originaire de Marignana, vient finir sa vie errante de Bandit. Après avoir sévi dans la région de Vico et dans le Niolo. Il se mêle aux Bergers de Balagne et du Filosorma et participe à la violente poussée des troubles agraires que les gendarmes tentent de réprimer.

Massoni est un ancien soldat du 24ème de ligne et il a également servi comme gendarme dans la 17ème légion. A ce titre, il a une solide expérience pour déjouer les pièges qui lui sont tendus et pendant trois ans il va encore tenir le maquis en se faisant le protecteur des bergers mais aussi des marins qu'il défend contre la compagnie maritime Valéry. "Les bandits, déclare le sous-préfet de Calvi, enjoignent aux négociants d'îsula-Rossa, sous peine de mort, de ne plus embarquer de marchandises sur les bateaux à vapeur pour favoriser les équipages de la marine à voile...".

Massoni, à la manière de Théodore Poli, devient le chantre des revendications sociales et rançonne les gros propriétaires. il finit cependant par tomber dans une embuscade tendue par les gendarmes le 13 juin 1851.

 

 

 

 

 TRAMONI Ghjuvan'Battista dit "Bricu".

Devient bandit en 1892 en tuant le père d'une jeune fille qui le refusait pour gendre.

Pour se faire craindre, il tue à Mela un enfant de 7 ans. Il sera assassiné en 1903.

 

 GIUDICELLI Francescu Ghjuvanni.

De Sera di Fiumorbu

Il prend le maquis de 1828 à 1836.

 

 MATTEI Ceccu (1885).

 

 ORNANO Camillu.

 Terrorise les cantons de Zicavo et de Santa Maria Sicchè de 1815 à 1829.

 

 Les frères ANTONA.

De Frasseto

Rapine et extorsion. Une prime est offerte pour leur capture en 1846.

 

 ARII Ghuvan Antò.

De Loreto

 

 ACHILLI, COLOMBANI, BARTOLI.

Sévissent et rackettent dans le Fium'Orbo.

 

BARTOLI

Jean BARTOLI, dit Manaccia, 45 ans, est le chef d'un trio de malfaiteurs qui terrorisent la région de Fiumorbo six ans durant. Il voue une haine sans nom envers Pierre Chiari, lequel avait osé le faire traîner devant un tribunal de police pour de simples contraventions. Le 25 avril 1895, Bartoli et ses sbires l'enlèvent pendant qu'il dormait, l'attachent à un arbre près du moulin de Taviano avant de lui crever les yeux, de lui couper la langue et de l'émasculer.

Bartoli sera arrêté et guillotiné le 11 mai 1897.  Ses complices furent abattus lors de l'arrestation.

 


 

 GIACOMONI Ignazio, BORGHELLO, CIPRIANI, COLOMBANI Jean-Antoine.

   

 

 STEFANINI Agostinu dit "Tortu".

Racket, enlèvements. Il permet l'élection du maire de Sari-d'Orcino en 1841

Il sera tué par les voltigeurs corses en 1842

 

 BENEDETTI.

 

 TORRE Jean-Baptiste.

Né à Lopigna le 27 mai 1909.

A 22 ans, il déserte le 6ème régiment d'infanterie coloniale au Maroc pour rejoindre son cousin germain, François Caviglioli au maquis.  Le 20 octobre 1930, il abat Ange Siméon. Le 17 août 1931, lors du braquage de tout un village, tue le garagiste Guagno. Le 02 novembre 1931, il abat le maréchal des logis Tomi et le gendarme Klein et blesse grièvement le lieutenant Noeuveglise et le gendarme Soyer.

Accusé de plusieurs meurtres, dont ceux de plusieurs gendarmes à Balogna, il sera guillotiné place Notre-Dame à Bastia le 13 avril 1934.

 


 

 MICAELLI Felix, dit "Feliciolu".

(1887-19??)

Bandit d'honneur

La région du Fiomorbo est à l'époque connue pour la violence de ses Vendetta; Certaines ont décimé jusqu'a vingt cinq membres d'une même famille. Inspirant la terreur, des bandits, comme Jean-Antoine Colombani, faisaient en politique la pluie et le beau temps.

Félix MICAELLI, né le 16 juillet 1887, originaire d'Isulacciu di Fiumorbu, pourtant, n'était pas de ceux là. C'était le type même du Bandit d'honneur dont l'histoire commence à peu près de la même manière que celle de Gallocchiu. Comme il l'écrira lui même dans ses mémoires, la mauvaise fréquentation de son cousin germain Leonetto Bartoli, l'avait entraîné sur mauvaise pente.

A dix huit ans, il enlève, contre son gré, Marie-Antoinette, la jeune fille qu'il aime, afin d'en faire sa femme. Cette dernière réussit cependant à s'enfuir mais son père porte plainte pour enlèvement de mineure, contre Félix Miacaelli et son cousin Leonetti qui ont pris aussitôt le maquis. Au cours de leur fuite vers Palneca, Leonetti tue quatre personnes dont un gendarme.

En 1907, Leonetti exécute sauvagement trois ouvriers qui ont par leur témoignage contribué à envoyer dix ans plus tôt son père à la guillotine.

Le 27 février 1908, terrorisé par les agissements de son cousin devenu particulièrement dangereux et tyrannique, Micaelli, fini par l'abattre et parvient à quitter la Corse pour l'Argentine d'où il est expulsé quelques mois plus tard en raison de sa situation irrégulière. De retour à Marseille, il s'engage dans la légion étrangère sous un faux nom. Excellent soldat, apprécié de ses supérieurs, il est destiné à une carrière prometteuse. Mais le hasard veut qu'il soit reconnu par un compatriote. Contraint à nouveau de fuir par peur d'être dénoncé, il rentre en Corse et reprend le maquis où il y mènera dès lors une vie sans histoire, fuyant les histoires et tout ce qui porte un uniforme.

Respecté de tous, il intervient comme "paceru"dans les familles en discorde. Pour vivre, il devient surveillant des exploitations fromagères et forestières. En 1914, quand la guerre éclate, il est volontaire pour partir au front mais sa demande est rejetée. Il devient cependant un précieux "auxiliaire" de la justice en remettant les déserteurs à la police et en participant au maintien de l'ordre dans sa région du Fiumorbu.

En juin 1917, croyant avoir affaire aux gendarmes, il abat par erreur Riziero Pagliai, un ouvrier italien qui rentrait la nuit tombée à son domicile. Il se repentira de cette "douloureuse erreur" en s'en expliquant dans une lettre que publie le 20 juillet 1917, le journal le petit Bastiais.

En 1926, le poète Maistrale intervient même pour lui demander son appui afin de protéger contre le vol la perception de Prunelli di Fiumorbo.

En 1932, Micaelli est âgé de 45 ans. Il est toujours au maquis, jouit de l'estime de la population et ne fait plus jamais parler de lui au point qu'on ne saura jamais ce qu'il est devenu. Ainsi fut la vie de ce bandit d'honneur, qui vécut une existence surprenante entouré de ses 3 femmes et de ses nombreuses maîtresses.

 


 

  ETTORI Ghjuvan' Simone.

(1880-1962)

Bandit d'honneur

 

Jean-Simon Ettori, surnommé "scicca" est né à Moca Croce.

Jusqu'à l'âge de trente ans, il vit comme un honnête paysan dans sa vallée du Taravo. Il est marié, père de deux enfants et pour lui, l'existence s'écoule paisible mais difficile.

Le malheur, ainsi qu'il le dira lui même plus tard, fond sur lui un jour de l'année 1900. Pour une sombre histoire de dette vieille de plus de vingt ans, dans laquelle il n'a aucune part, il intervient pour régler un différent avec un certain Lenzi de Pila Canale. Accompagné de deux amis, Charles Ettori et Tafanelli, il rencontre donc dans son bar à Pila Canale le dénommé Lenzi auquel il vient remettre la somme demandée moyennant la signature d'un reçu.

Les choses s'enveniment, le ton monte, des coups de feu sont échangés. Charles Ettori atteint mortellement un client du bar qui avait pris part au conflit, Simon Ettori blesse accidentellement derrière le comptoir, la fille de Lenzi qui tentait de s'interposer, Tafanelli, qui n'est pas armé, ne tire pas. Charles Ettori est arrêté à Moca-Croce et Tafanelli se constitue prisonnier. En 1907, la cour d'assise de Bastia condamne Charles Ettori aux travaux forcés à perpétuité et Bernardin Tafanelli à 10 ans de réclusion. Devant un verdict aussi sévère Simon Ettori préfère rester au maquis.

En 1910, condamné à mort par contumace après avoir commis 2 autres meurtres, dont celui d'un gendarme, il décide de quitter la Corse pour le Venezuela, pays dans lequel il vit pendant un an de petits métiers avant de se décider à retourner dans son village pour régler radicalement un différent avec un cousin qui venait de voler un boeuf à sa femme pour le vendre.

A la noël de 1920, il abat un paysan de son village natal qui renseignait les gendarmes sur ses déplacements dans l'espoir de toucher la prime attachée à sa capture.

Après ce 4ème et dernier meurtre, Simon Ettori mène entre Moca-Croce et le maquis une existence tranquille avec ses trois femmes et ses 7 enfants, exerçant le métier de cordonnier, faisant respecter la justice en jouant les conciliateurs, haïssant les déserteurs et méprisant les bandits!

Le 11 janvier 1932 à 15 heures, après 26 ans de maquis (déjà condamné deux fois à mort par contumace) sur les conseils de son frère et après de longues négociations avec les autorités, le doyen des bandits corses âgé de 56 ans décide de se constituer prisonnier à Mocacroce devant le procureur de la République Giudicelli accompagné du contrôleur Général de la sûreté Duclaux et du commissaire Natali.

L'avocat César Campinchi qui  a choisi de le défendre plaidera l'acquittement.

 

La reddition de Jean Simon Ettori et sa comparution aux assises.

 

 


  

 CIAVALDINI Antoine.

Auteur de12 assassinats

 

 BOCOGNANO François.

 

 GASPARINI Natale.

Devient bandit en 1920

 

 SCAPOLA Ghjuan' Baptista.

Devient bandit en 1830 jusqu'en 1846

 

 Les freres RIBETTI.

de Casevecchie

 

 RICCIARDI Don Luiggi.

 

 BASTIANESI Francescu.

d'Ucciani

 

 NEGRONI Ghjuliu.

Rival de Gallochio

 

 SAROCCHI François.

Né en 1792 à Rusiu (Haute Corse), SAROCCHI a été, au cours de ses nombreux exploits, condamné 15 fois dont 4 fois à la peine de mort.

En 1824, les autorités lui délivrent un passeport italien pour quitter la Corse mais il préfère rester pour venger son ami Ancino guillotiné à Bastia. Avec ses complices, Pascal GAMBINI et Jeean-Baptiste TORRE, il tente de capturer le bourreau Louis SIMALIOT mais ce dernier réussit à s'échapper tandis que son aide Martin ALVIDA reste prisonnier de ses ravisseurs. On retrouvera son corps quelques jours plus tard dans les environs de Furiani.

Les trois bandits seront arrètés quelques jours plus tard et SAROCCHI sera finalement guillotiné sur la place Saint Nicolas par SIMALIOT lui même le 31 mai 1825.

 

 

 FIASCHETTI et GERMANI.

Instaurent la terreur en Castagniccia

 

 CASANOVA.

D'Evisa

En compagnie des frères Multedo, il est l'auteur de plusieurs assassinats. Condamné par contumace à perpétuité, il est contraint de prendre le maquis. Il sera abattu en 1827  par les voltigeurs dans la région du Fiumorbu, à Poghju di Nazza.

 

 GAMBINI Pasquale.

Avec son frère Ghjuvan Andria, en 1821, ils sont responsable d'un triple assassinat sur des gendarmes pris en embuscade. Un an plus tard, ils attaquent la gendarmerie de Piedicroce.
Ils seront condamnés à mort 7 fois par contumace.
Dans l'impossibilité d'éradiquer le crime, la justice préfère se débarrasser de ses bandits.
En 1823, avec GALOCCHIO, Pasquale bénéficie d'un sauf-conduit pour quitter la Corse.

 

 BASTIANI Antone.

 


 

 GIOVANNI Pietro.

(1859-1899)

Petru Giovanni est né en 1859 à Sartène. En 1884 il commet son premier vol et son premier meurtre en assassinant Jean Bartoli. En 1898, avec le meurtre du gendarme Luciani,  il a à son actif 15 assassinats.

Un jour, le pied blessé, son chien ayant été tué, le bandit se présente chez prete Bastianu, curé d'un petit village perdu dans la montagne du Sartenais, pour lui demander l'hospitalité. Le curé, accepte de l'aider et lui passe la soutane. Pendant plusieurs jours, Petru Giovanni servira la messe et se comportera en vrai serviteur de Dieu. Quand son pied fut guéri, le bandit abandonna sa soutane, reprit sa cartouchière et son fusil puis s'en retourna au maquis non sans avoir assuré l'abbé de sa protection et de sa reconnaissance éternelle.

Après avoir terrorisé et racketté toute la région pendant plus de 15 ans, le 16 novembre 1899, il est finalement tué durant son sommeil d'une balle en pleine tête, dans une bergerie près de Conca, par le père de la jeune fille qu'il était venu séduire.

 


 

 ALFONSI Antonio -Marco, dit "Muzarettu".

(1866-1952)

Bandit d'honneur

Antone Marcu ALFONSI, dit "Muzarettu" est né à Grossa (Sartène) le 15 novembre 1866. Il est issue d'une fratrie de 8 enfants. Si on le surnomme "Muzarettu", c'est parce qu'enfant, il aimait sauter par dessus les haies et les cours d'eau comme un "petit mulet". Il ne fréquente pas l'école et dès son plus jeune âge aide son père aux travaux des champs et garde le bétail.

A 16 ans, en signe de son émancipation, selon la coutume, son père lui offre son premier fusil. Muzarettu est désormais un homme.   

A 21 ans, le 10 mai 1887, il épouse dans son village Pauline Tomasi qui lui donnera 6 enfants.

Un jour, Muzarettu, reproche à son neveu Toto Giannini, âgé de 20 ans, ses fréquentations avec le bandit Bartoli. Giannini n'accepte pas les reproches de son vieil oncle et le gifle. Muzarettu, s'en rentre aussitôt chez lui, prend son fusil et part à la recherche de son neveu bien décidé à laver l'affront qu'il vient de subir en public. Il le trouve et sans un mot, lui tire deux balles en pleine poitrine.

Voici donc Muzarettu, contraint de prendre le maquis à l'âge de 66 ans.

Conseillé par ses proches, il finit par se rendre aux Gendarmes. Il sera jugé et finalement acquitté. 

Après avoir habité quelques temps le village d'Arbellara, il se réinstalle à Porto-Pollo.

En juin 1943, expulsé par les Italiens de son logement de Porto-Pollo, il en rend responsable le secrétaire de Mairie et l'abat. 4 mois plus tard, il commet son 3ème meurtre en tirant à bout portant sur Antoine Jean Pianelli venu pour faire vengeance. De nouveau au maquis, en juin 1944, il est ceinturé par les gendarmes et emprisonné à Ajaccio. Mais âgé (il a 78 ans) et souffrant probablement d'un cancer qui lui ronge le visage, il est conduit à l'hôpital Eugénie dont il s'évade le 02 novembre et rejoint le maquis dans les environs de Campomoro. Il est de nouveau condamné par contumace au travaux forcés à perpétuité  puis condamné à mort pour un double homicide le 07 juin 1945 mais cela n'a plus aucune importance car il est de nouveau libre dans son maquis qu'il parcourt inlassablement de Campomoro à Tizzano.

Le 22 août 1945, surpris par les gendarmes de Grossa qui lui intiment l'ordre de se rendre, il leur tire dessus, blesse l'un d'eux et disparaît.

Le 05 mai 1951, malgré le mal qui ronge son visage, il accepte d'être interviewé par Jean Bazal, l'unique journaliste qui l'ai jamais approché.

Muzarettu, laissé en paix par les gendarmes, mène désormais une vie tranquille mais misérable dormant tantôt dans une bergerie, tantôt dans une grotte. Endurant des pénibles souffrances, la moitié du visage emportée par le cancer, ne pouvant presque plus se nourrir, il est recueilli par un moine du couvent de San-Damianu.

C'est dans ce couvent que fatigué, défiguré par la maladie, le vieux bandit finira ses jours et rendra le dernier soupir le 23 février 1952. Après avoir reçu à Sartène les derniers sacrements de l'église, il sera enterré à Grossa au pied d'un énorme rocher. Il était âgé de 86 ans.

 


 

 SANGUINETTI Ambroise.

De Vensolasca

 

 ROGNONI Gaetano.

De Venaco

 GALEAZZI

Le 13 septembre 1895, le bandit Galeazzi est tombé dans une embuscade que lui dressèrent les brigades de Sartène et de l'Ortolo. Adossé à une chêne, et le fusil en main, il fut pris et désarmé par quelques gendarmes, alors que d'autres le couchaient en joue. (L’ECHO DE LA GENDARMERIE NATIONALE)

 

 BERNARDINI

Dans la nuit du 18 au 19 septembre 1895, après une embuscade de trois jours, la brigade de Saint-Laurent, sous la direction du commandant de la section, réussissait à cerner, dans une maisonnette, le bandit Bernardini, sous mandats d'arrêt, .pour tentative de meurtre suivi de viol sur une jeune fille.

Aux premières sommations faites par la gendarmerie, Bernardini répondit par un coup de fusil qui, heureusement, n'atteignit personne. Les gendarmes, après avoir enfoncé les volets d'une fenêtre, ripostèrent à coups de revolver, et le bandit, qui avait encore pu décharger trois nouveaux coups de son arme, toujours sans résultat, tomba foudroyé, atteint de plusieurs balles.

Aussitôt la mort-connue, dès réjouissances", publiques eurent lieu, car les habitants n'osaient plus, tant il était craint, vaguer librement à leurs affaires. (L’ECHO DE LA GENDARMERIE NATIONALE)

 

  ROBAGLIA

Le 25 août 1935, c'était le nommé Robaglia, sous mandat d'arrêt pour tentative d'assassinat, qui était arrêté à son domicile, après une perquisition très minutieuse, alors qu'il se croyait à l'abri dans un coffre du grenier.

Cette arrestation, due au flair et à l'intelligence du gendarme Salini, fait honneur à ce militaire ainsi qu'à ses camarades de la brigade de Sainte-Lucie-de-Tallano. (L’ECHO DE LA GENDARMERIE NATIONALE)

 


  SANTA LUCIA

Un autre bandit, le redoutable Santa-Lucia, accourut des premiers aux cris d'indépendance que poussa l'Italie. Il combattit en brave pour chasser les Autrichiens; mais lorsque ses excès commis par les défenseurs de la Péninsule amenèrent les Français sous les murs do Rome, Santa-Lucia se souvint qu'il était lui-même Français, et il brisa aussitôt son épêe.

 

(Extrait de "Un bandit Corse" : http://www.ac-corse.fr/Lettres/docs/AdaptationFrsTextesLigne/bandit.htm).

Son père avait été tué dans une querelle, par un jeune homme du même pays, disait-on ; et Sainte-Lucie était resté seul avec sa soeur. C'était un garçon faible et timide, petit, souvent malade, sans énergie aucune. Il ne déclara pas la vendetta à l'assassin de son père. Tous ses parents le vinrent trouver, le supplièrent de se venger ; il restait sourd à leurs menaces et à leurs supplications.

Alors, suivant la vieille coutume corse, sa soeur, indignée, lui enleva ses vêtements noirs afin qu'il ne portat pas le deuil d'un mort resté sans vengeance. Il resta même insensible à cet outrage, et, plutôt que de d'acrocher le fusil encore chargé du père, il s'enferma, ne sortit plus, n'osant pas braver les regards dédaigneux des garçons du pays.

Des mois se passèrent. Il semblait avoir oublié jusqu'au crime et il vivait avec sa soeur au fond de son logis.

Or, un jour, celui qu'on soupçonnait de l'assassinat se maria. Santai-Lucia ne sembla pas ému par cette nouvelle ; mais voici que, pour le braver sans doute, le fiancé, se rendant à l'église, passa devant la maison des deux orphelins.

Le fè�re et la soeur, à leur fenêtre, mangeaient des petits gâteaux frits quand le jeune homme aperçut la noce qui défilait devant son logis. Tout à coup il se mit à trembler, se leva sans dire un mot, se signa, prit le fusil pendu sur l'âtre, et il sortit.

Quand il parlait de cela plus tard, il disait : "Je ne sais pas ce que j'ai eu ; C'a été comme une chaleur dans mon sang ; j'ai bien senti qu'il le fallait ; que malgré tout je ne pourrais pas résister, et j'ai été cacher le fusil dans le maquis, sur la route de Corte."

Une heure plus tard, il rentrait les mains vides, avec son air habituel, triste et fatigué. Sa soeur crut qu'il ne pensait plus à rien.

Mais à la nuit tombante il disparut.

Son ennemi devait le soir même, avec ses deux garçons d'honneur, se rendre à pied à Corte.

Ils suivaient la route en chantant, quand Santa-Lucia se dressa devant eux, et, regardant en face le meurtrier, il cria : "C'est le moment !" puis, à bout portant, il lui creva la poitrine.

Un des garçons d'honneur s'enfuit, l'autre regardait le jeune homme en répétant : "Qu'est-ce que tu as fait, Santa-Lucia ?"

Puis il voulut courir à Corte pour chercher du secours. Mais Santa-Lucia lui cria : "Si tu fais un pas de plus, je vais te casser la jambe".

L'autre, le sachant jusque-la si timide, lui dit : "Tu n'oserais pas !" et il passa. Mais il tombait aussitôt la cuisse brisée par une balle.

Et Sainte-Lucie, s'approchant de lui, reprit : "Je vais regarder ta blessure ; si elle n'est pas grave, je te laisserai la ; si elle est mortelle, je t'achèverai".

Il considéra la plaie, la jugea mortelle, rechargea lentement son fusil, invita le blessé à faire une prière, puis il lui brisa le crâne.

Le lendemain il était dans la montagne.

Et savez-vous ce qu'il a fait ensuite, ce Santa Lucia ?

Toute sa famille fut arrêtée par les gendarmes. Son oncle le curé, qu'on soupçonnait de l'avoir incité à la vengeance, fut lui-même mis en prison et accusé par les parents du mort. Mais il s'échappa, prit un fusil à son tour et rejoignit son neveu dans le maquis.

Alors Santa-Lucia tua, l'un après l'autre, les accusateurs de son oncle, et leur arracha les yeux pour apprendre aux autres à ne jamais affirmer ce qu'ils n'avaient pas vu de leurs yeux.

Il tua tous les parents, tous les alliés de la famille ennemie. Il massacra quatorze gendarmes, incendia les maisons de ses adversaires et fut jusqu'à sa mort le plus terrible des bandits dont on ait gardé le souvenir.
 


 

En 1841, le nombre d'assassinats commis dans l'île est de 136.

Entre 1846 et 1850 on ne compte pas moins de 147 homicides par an ; l'année 1849 étant la plus meurtrière avec 236 homicides.

Alors, pour aider les gendarmes à capturer les bandits, une seule arme s'avère efficace : La prime. L'état installe la corruption.

Des groupes de voltigeurs, sorte d'auxiliaires de justice, sont créés. Les actes de trahison se multiplient. Une loi de prohibition est promulguée le 10 juin 1853 et suivi par une vaste campagne de désarmement des populations qui n'aura pour seule conséquence que la prolifération du gibier !

Le code 248 du code pénal contre les receleurs est alors appliqué plus sévèrement et les proches de bandits sont inquiétés et emprisonnés pour complicité ... comme au temps des génois. De fait, les meurtres baissent de moitié et en 1855, on ne recense plus que 78 assassinats.

Malgré l'optimisme de l'Etat, on assistera cependant à de nouvelles flambées du banditisme sous la troisième république.

 

 

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Dernière mise à jour pour cette page : 23 juillet 2021